Le grand transfert des encombrants

Une étude 2026 réalisée par Talker Research pour 1-800-GOT-JUNK?
En ce moment, une personne ouvre le placard de son père, pour la première fois depuis le décès de ce dernier.
Une autre personne contemple un sous-sol rempli d’objets dont le contenu a beaucoup de valeur, selon les grands-parents. Des moments semblables se déroulent chez des millions de personnes, mais personne n’en parle.
Le grand transfert de richesse est l’un des événements marquants de notre époque. Tous les médias financiers traitent actuellement du transfert du patrimoine des baby-boomers vers leurs enfants qui se produira au cours des prochaines décennies. Personne ne parle des objets, des choses. Chaque famille se retrouve à devoir vider un sous-sol, à ouvrir des boîtes et à prendre des décisions. Quand on multiplie ces moments par toutes les personnes d’une génération, on se retrouve avec l’un des plus importants transferts de biens personnels de l’histoire.
Le grand transfert des encombrants.
Ce n’est pas qu’un changement théorique. Entre 2021 et 2025, près du quart des réservations de collecte d’objets encombrants en Amérique du Nord était directement liée à un décès, à un héritage ou à un ménage de succession.¹ Le Globe and Mail a donné un nom à ce phénomène en 2022. Quatre ans plus tard, on s’est mis en quête des données.
Pour comprendre les frictions humaines qui se cachent derrière ces chiffres, 1-800-GOT-JUNK? a commandé une étude auprès de 2 200 personnes aux États-Unis, au Canada et en Australie. Le résultat indique un décalage générationnel : près de la moitié des héritiers dans le monde (49 % aux États-Unis) préféreraient ne recevoir aucun héritage que de devoir s’occuper des biens d’un proche.
L’état des encombrants 2026 : le rapport sur le grand transfert des encombrants
Que sont les objets encombrants?
On associe souvent ces objets à des déchets, mais le concept d’objets encombrants est subjectif. Souvent, les objets encombrants sont des objets du passé en très bon état, mais pour lesquels on n’a tout simplement plus d’espace physique ou émotionnel. Une lampe qui convenait à une autre maison. Des meubles qui représentaient quelque chose pour une génération et qui n’évoquent rien pour la suivante. Quand un objet conserve sa valeur sentimentale, mais perd sa place chez vous (et dans votre vie), il reste coincé. Et vous aussi.
C’est alors qu’un objet en parfait état devient un encombrant.
Près de la moitié des personnes dans le monde préféreraient ne rien recevoir en héritage que de devoir trier une collection de biens personnels.
On transmet nos objets avec les meilleures intentions du monde, en espérant qu’ils offriront du réconfort, mais les données révèlent des faits plus compliqués. On a sondé 2 200 personnes dans les trois pays où nous sommes actuellement présents : aux États-Unis, au Canada et en Australie, et voici leurs commentaires.
48 % des répondants dans le monde — et 49 % aux États-Unis — disent préférer recommencer à neuf plutôt que de devoir gérer les biens personnels d’une autre personne.
Source : L’état des encombrants 2026 — Le rapport sur le grand transfert des encombrants, 1-800-GOT-JUNK? × Talker Research
Les deux points de vue sont valables : certaines personnes trouvent du réconfort auprès des objets du passé, alors que d’autres se sentent submergées par la quantité de choses. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de ressentir ces situations.
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Les objets encombrants s’accumulent et l’effet d’encombrement se fait ressentir.
Comment s’est-on ramassé avec autant de choses? C’est en partie le résultat de notre facilité à nous procurer des choses : commandes en ligne, achats en gros, vêtements de piètre qualité. Mais le simple fait de pouvoir obtenir les objets n’explique pas à lui seul le phénomène. Une génération complète a été façonnée par la rareté, par l’instinct de conserver les choses en cas de besoin. Des décennies plus tard, il en résulte que les maisons sont remplies de la preuve physique d’une vie bien pleine. Et des enfants qui ressentent un besoin profond de rendre hommage à l’héritage de leurs parents.
ont l’impression de manquer d’espace chez eux (en Australie, ce chiffre est de 55 %)
se sentent frustrés de ne pas avoir un espace bien organisé, au moins chaque semaine (les Américains sont les plus frustrés avec un taux de 52 %)
des répondants désencombrent de façon intentionnelle au moins une fois par semaine (le chiffre le plus élevé est aux États-Unis, à 43 %; l’Australie a le chiffre le plus bas avec 18 %)

Plus que des objets : les histoires dont on hérite
Nick Fox a tout vu. Cet annonceur radio et créateur de contenu qui vit en Floride a commencé à documenter les objets bizarres et déroutants dont sa femme a hérité, et l’Internet a commenté. Il a ensuite rapidement été inondé de photos d’objets de personnes lui écrivant de partout dans le monde.
Des collections de clowns. Quarante ans de magazines National Geographic. Un sous-sol rempli de poupées et de Beanie Babies. Ce qui avait commencé comme une célébration des trouvailles insolites a rapidement mis en lumière une vérité universelle : les objets hérités sont accablants, et la planète entière cherche un moyen de s’en débarrasser.
Très vite, on a cessé de simplement parler des objets. Les gens ne m’envoyaient plus seulement des photos. Ils m’écrivaient leurs histoires. Et leurs histoires étaient drôles, accablantes, touchantes et toutes les autres émotions qu’on peut imaginer.— Nick Fox

Parfois, ce qui est enfoui sous les objets est exactement ce que l’on cherchait
Soixante-neuf pour cent des gens ont découvert un objet complètement oublié pendant qu’ils faisaient le vide d’une maison. Les choses les plus importantes ne sont pas toujours celles qu’on affiche. Ce sont les choses au fond d’une boîte, à l’arrière d’un tiroir, dans la pile qu’on a à peine triée.
Voici certains des objets trouvés :
- Un disque dur contenant 12 000 photos de famille, qu’on pensait perdues pour toujours
- Les passeports des grands-parents, lors de leur émigration de Tchécoslovaquie
- Une lettre d’amour écrite à la main dans les années 1940, cachée dans un livre
- Un très vieux Game Boy et un jeu Nintendo original, puisés dans l’enfance
- Un porte-monnaie avec de l’argent, perdu il y a deux ans
Le profond et le mondain se côtoient dans la même boîte. Voilà à quoi ressemble un véritable grand ménage, et c’est exactement la raison pour laquelle il est important de prendre son temps. On ne sait pas dans quelle pile un objet doit être rangé tant qu’on ne l’a pas ramassé.

La qualité plutôt que la quantité
Ce n’est pas une question de quantité, mais de valeur.
Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées d’indiquer le nombre d’objets qu’elles préféreraient hériter, la réponse la plus fréquente était « entre 1 et 5 objets ».
préfèrent hériter de quelques objets importants plutôt que d’hériter de tous les objets d’un proche.
disent que la « valeur sentimentale » est la raison principale pour laquelle ils conservent les objets dont ils ont hérité.
Les 5 principales choses héritées partout dans le monde
Source : L’état des encombrants 2026 — Le rapport sur le grand transfert des encombrants
Pourquoi les transferts d’objets sont un échec?
Le Dr Blaise Aguirre, professeur adjoint en psychiatrie à la Harvard Medical School, perçoit le fossé successoral comme un changement aussi culturel que psychologique.
« Les objets qui étaient auparavant une marque de statut social et d’amour n’ont tout simplement pas la même signification pour la prochaine génération », ajoute Dr Aguirre. « Les gens ne se souviennent que rarement des objets en soi. Le cerveau humain ne classifie pas les souvenirs dans la catégorie “objets”. Notre cerveau se souvient des émotions et des expériences. Elles sont rarement associées aux choses que l’on possède. »
Pour se délester de la culpabilité, Dr Aguirre propose un recadrage psychologique essentiel : le sens est personnel, il n’est pas transmissible. L’un des livres de sa mère a beaucoup d’importance pour lui en raison de qui elle était, mais il n’aura pas la même signification pour quelqu’un d’autre.
« Le sens dépend entièrement du regard de celui qui observe », fait remarquer Dr Aguirre. Le « grand transfert des encombrants » nous demande de différencier l’émotion de l’objet et d’avoir confiance que ce sentiment survivra complètement à celui de dire adieu.
Notre cerveau se souvient des émotions et des expériences. Elles sont rarement associées aux choses que l’on possède.
— Dr Blaise Aguirre, professeur adjoint en psychiatrie, Harvard Medical School

Le travail physique n’est pas seul à laisser un impact : le travail émotionnel peut aussi en être éprouvant
On ne remet pas le tri par paresse. On le remet parce qu’on essaie d’éviter de gérer les émotions qui accompagnent le tri de souvenirs. Parmi les personnes qui ont aidé à vider la maison d’un proche, en fait, 54 % disent que la gestion des biens d’un proche complique le deuil.
C’est exactement ce qu’illustrent les données : le poids émotionnel supplante le travail physique comme préoccupation principale, lorsqu’on vide une maison.
Le consensus mondial :
Le poids émotionnel est le principal obstacle. À l’échelle mondiale, le poids émotionnel (22 %) supplante le travail physique (20 %) comme principale préoccupation lors du règlement de la succession d’un proche.
Les points forts régionaux :
Canada
Le poids émotionnel arrive en tête avec 23 %, atteignant même 29 % au Québec, ce qui fait du Québec la région la plus chargée émotionnellement parmi celles étudiées.
Australie
Le poids émotionnel (22 %) et le simple fait de se sentir submergé par l’ampleur de la tâche (19 %) dominent la conversation.
États-Unis
Les États-Unis font figure d’exception : le travail physique (22 %) devance de justesse le poids émotionnel (21 %) en tant que principale source d’anxiété.
La logistique de l’élimination :
des gens ont dû aider à vider le domicile d’un proche.
Les gens ont estimé qu’il faut 17 jours pour vider le domicile d’un proche, comparativement à 14 jours pour leur propre résidence.
La fille qui a redécouvert son père grâce aux détails
Quand le père de Meghan Yuri Young est mort, elle a hérité de sa maison et d’une vie complète d’objets. La tâche qui l’attendait était énorme, non pas en raison du volume de choses, mais en raison de ce que contenaient ces choses. Des meubles d’enfance, une collection de modèles réduits de voitures, des chandails qu’elle se souvenait l’avoir vu porter et des objets qui n’avaient aucune valeur évidente, mais qui étaient tous liés à la vie que son père aimait.
Elle a trié chaque chose de façon méthodique, comme lorsqu’on essaie de faire quelque chose sans s’effondrer en cours de route. Et puis, elle tombait inévitablement sur un objet plus chargé : l’écriture de son père sur une carte, un disque qu’il écoutait souvent, un petit objet qui lui rappelait soudainement un après-midi complet de son enfance.
À travers ce processus, Meghan a trouvé de la clarté. La maison est finalement devenue la base d’une vie qu’elle n’aurait pas pu imaginer lorsqu’elle essayait de décider quoi garder. C’était un nouveau départ, magnifiquement construit par-dessus tout ce qui précédait.

Soyez ouvert. Ouvert aux émotions, ouvert à aider, ouvert à dire adieu. Quand on crée de l’espace, même quand on ne peut imaginer ce qui y sera, le merveilleux trouve toujours un chemin.— Meghan Yuri Young
La conversation que tout le monde évite d’avoir
Les parents conservent les vieux objets, en s’imaginant que ce seront des cadeaux chéris. Les enfants ne veulent pas les objets, mais les acceptent en silence pour éviter de faire de la peine aux parents. Résultat? Les possessions continuent de s’empiler dans les unités d’entreposage, dans les chambres d’amis et dans les sous-sols.
Le fardeau intentionnel :
des répondants s’accordent pour dire qu’ils ne veulent pas que leurs proches gèrent ou trient leurs biens après leur mort.
Le poids du silence :
d’entre eux ne parlent jamais de plans d’héritage avec leur famille.
Pourquoi n’en parlons-nous pas?
disent qu’ils « n’ont jamais eu besoin d’en parler ».
des gens qui disent ne vouloir hériter de rien ne l’ont pas dit à leur famille.
Comment se débarrasser d’objets tout en conservant l’histoire
Quand Jose Ruiz est revenu vivre en Californie après avoir perdu son emploi, il a retrouvé l’appartement de ses parents enfoui sous des décennies d’objets accumulés. Il s’est dit que le moment devait être documenté, alors il a pris son téléphone et il a commencé à filmer. Des millions de personnes ont regardé.
Ce qui a le plus marqué les gens n’était pas le désencombrement en soi, mais le poids émotionnel lié au fait d’avoir tout conservé pendant toute une vie. Pour ses parents immigrants qui avaient vécu de l’instabilité, les objets physiques étaient des biens solides auxquels s’attacher quand la vie semblait incertaine. Jose a tout de même vidé l’appartement, contrant les arguments et les impasses de ses parents parce qu’il comprenait la nature du conflit : les objets dont on hérite représentent le poids porté par la génération qui nous précède, pour qu’on n’ait pas à le faire.
Les gens qui ont visionné mes vidéos sont véritablement devenus des acteurs de mon cheminement vers la guérison. Ça a aidé mes parents à se rendre compte qu’il ne s’agissait pas seulement d’une expérience de médias sociaux; ça aidait de vraies personnes. Reconnaître l’impact du processus m’aide à continuer, même lors des journées les plus difficiles.— Jose Ruiz

Le grand transfert des encombrants nous demande de séparer ce que l’on ressent de ce que l’on conserve, ce qui n’est pas facile. Ça nous demande d’avoir confiance que le souvenir survivra même si l’objet disparaît. D’avoir la conversation qu’on remettait à un autre moment. De dire adieu.


Voici ce que j’ai appris après avoir été invité chez des gens pendant 37 ans : le soulagement ressenti après est toujours réel. Quand le poids est levé, le renouveau peut commencer.
On n’est pas juste ici pour aider à accomplir le travail physique requis pour vider une maison. On est aussi ici pour que les familles n’aient pas à affronter le poids sans aide.
— Brian Scudamore, fondateur et PDG, 1-800-GOT-JUNK?
À propos de l’étude
Le sondage a été commandé par 1-800-GOT-JUNK?, géré et effectué en ligne par Talker Research entre le 22 et le 27 mai 2026.
On a sondé 2 200 personnes dans les trois pays où nous sommes actuellement présents : aux États-Unis, au Canada et en Australie.
- 1 200 Américains
- 800 Canadiens (incluant 100 au Québec)
- 200 Australiens
¹ Une étude de marché distincte, réalisée à la demande de l’entreprise, a révélé qu’environ 25 % des réservations de services de collecte d’objets encombrants en Amérique du Nord (2021-2025) étaient liées à un décès, à un héritage ou à un ménage de succession.

Communiquez avec nous
Annexe Partie I : Données d’enquête quantitative
Annexe Partie II : Réponses qualitatives
Q5 : Quelle est la chose la plus étrange ou avec la plus grande valeur (que celle-ci soit sentimentale ou monétaire) que vous avez héritée d’un proche?
- « Une balle de coton. Parce qu’elle a été signée par John Wayne et que c’était un des amis de mon grand-père. » (États-Unis)
- « Une veste ayant appartenu à un très célèbre musicien country “hors-la-loi” des années 70. » (États-Unis)
- « J’ai hérité d’un singe domestique. » (Canada)
- « Une chaise de dentiste antique. » (États-Unis)
- « Une cuillère à crème glacée en forme de cochon. » (Australie)
- « Une cassette VHS de l’épisode “Any Friend of Walter’s” de l’émission Bonanza. » (Canada)
- « Un perroquet empaillé dans une vitrine. » (Australie)
- « Les dentiers de ma mère. » (États-Unis)
Q13 : Quel est l’objet le plus mémorable que vous ayez trouvé?
- « J’ai trouvé une carte-cadeau de 100 $ pour de l’essence, de façon tout à fait inattendue et vraiment appréciée… Étant donné la hausse des prix de l’essence, j’avais l’impression d’avoir gagné à la loterie. » (Canada)
- « Un porte-monnaie contenant de l’argent qui s’y trouvait depuis environ 2 ans… Je l’ai trouvé au moment de déménager. » (États-Unis)
- « De l’argent que j’avais caché, pour ne pas le perdre. » (États-Unis) / « De l’argent laissé dans un vieux sac à main et que j’aurais dû déposer à la banque. » (Canada)
- « De l’argent et des CD dont j’ignorais l’existence. » (Canada)
- « Un disque dur de mon adolescence que je pensais avoir jeté. Il contenait une tonne de photos de famille que je pensais perdues à jamais… probablement environ 12 000 photos en tout. » (États-Unis)
- « Une lettre d’amour manuscrite datant des années 1940, cachée dans un vieux livre. » (États-Unis)
- « Une vieille boîte de lettres et de photos d’un ancien amoureux auquel je n’avais pas pensé en 17 ans. » (États-Unis)
Q25 : Quelle est la chose la plus étrange et/ou ayant la plus grande valeur que vous prévoyez offrir en héritage?
- « Ma girafe en bois de 1,8 mètre (6 pieds) qui s’appelle Bubba. » (Canada)
- « La marionnette de Bombshell tirée du film Puppet Master : Axis Rising. » (États-Unis)
- « J’ai une boîte de souvenirs pour mes deux filles : une mèche de leurs cheveux, leurs dents de bébé, les bracelets d’hôpital… Je suis certaine qu’elles seront très amusées et étonnées et qu’elles se débarrasseront de tout. » (Canada)
- « Mes albums des Beatles encore scellés. » (Canada)
- « Toutes les machines à espresso que je possède. » (Canada)
- « Un vieux frigo, sans portes, qui me sert de bibliothèque. » (Australie)
- « J’ai demandé à mes frères et sœurs de me faire incinérer, puis que chacun d’eux répande les cendres lors de leurs voyages, partout dans le monde, pour que je puisse toujours les accompagner. » (Canada)
Très vite, on a cessé de simplement parler des objets. Les gens ne m’envoyaient plus seulement des photos. Ils m’écrivaient leurs histoires. Et leurs histoires étaient drôles, accablantes, touchantes et toutes les autres émotions qu’on peut imaginer.